Elle l’a revu, en cette fin
d’après midi, par hasard pense t'elle, mais était-ce vraiment par hasard ?
Une première fois, elle était
passée fébrilement devant lui et son amoureuse, sans qu’il ne la vît. Le couple avait posé leurs vélos
en cet endroit où régnait une atmosphère chaude, générée par les rayons drus du
soleil et un air de salsa endiablée. Elle avait presque frôlé le guidon de sa bicyclette mais IL ne l’aperçut pas. De toute façon, IL n’avait plus le droit de la
voir, IL était amoureux d’une blonde, encore une blonde songea t’elle.
Un violent coup traversa depuis
son cœur jusqu’à son ventre, ses jambes commencèrent à trembler mais contre toute attente, elle se
contint. Elle réussit à rejoindre, en conservant un semblant de self control, le groupe
d’amis qui l’avaient invitée et finit par oublier.
Les jours passèrent et puis, vint
une nouvelle invitation en cet endroit dansant qui réunit durant tout l’été les
aficionados de musiques caribéennes et latines. Elle se sentait bien dans cette
ambiance, elle était enjouée, détendue. Jusqu’à ce qu’elle le revît. ILdansait
là effrontément devant ses yeux, toujours accompagné de la blonde, "son amoureuse". Immédiatement, son pouls s’emballa, ses yeux ne purent se détacher
de ce couple qui ondulait devant elle.
« Il parait que cela va très
mal entre eux », elle se retourna, sa copine lui apprit la nouvelle mais
elle ne put s’en réjouir. Elle se souvient qu’IL lui avait demandé de ne plus
l’appeler même au nom de leur camaraderie, d’effacer son numéro de téléphone, ce
qu’elle fit dans une rage indescriptible. Elle savait pertinemment qu’un jour,
ils seraient à nouveau amenés à se parler, et elle redoutait ce moment.
De toute façon, IL procédait
toujours de la sorte. Tombant amoureux de femmes plus grandes, plus blondes, plus brunes, plus sages ou plus garces, peut être plus intellectuelles, En tout cas de femmes plus « too
much » qu’elle, … enfin c’est ce qu’elle pense et a toujours pensé en son for intérieur.
Le lendemain, IL l’appelle à son
bureau. IL ne possédait plus son numéro de portable. Elle avait pressenti qu’IL allait le faire car la veille, en quittant la salle de danse, IL l’avait aperçue
et saluée d’un discret signe de la main et d’un
sourire, sans que la blonde n’y prenne garde de fait.
Un sourire qui l’avait
transpercée telle une flèche empoisonnée, une décharge électrique qui la laissa
sur sa chaise, pétrifiée. Un ami qui avait senti son émoi resta avec elle
tandis que la salle se vidait de tous les danseurs et convives.
Elle prend une profonde
inspiration puis l’appel, dit quelques banalités, son cœur ému battant la
chamade, demande d'un ton monocorde mais fébrile des nouvelles de son couple. ILl ui
répond évasivement qu’il y a des hauts, des bas, comme dans n’importe quel
couple. Elle essaye de se contenir malgré une rage qu’elle sent monter en elle, IL a quand même du toupet de la rappeler. Pire, IL lui dit qu’il est heureux de
la voir en forme.
En forme ? oui, en formes pensa-t’elle en esquissant un
sourire dans sa voix tremblante. Lorsqu’elle raccroche, elle sait que leur contact
reprendra, ou plutôt que rien en fait ne s’était jamais vraiment arrêté pour
elle ... peut-être pour eux.
Cette attirance extrême qui lui
fait perdre la tête, qui lui donne envie de se donner sans aucune retenue à cet
homme, telle une femelle animale en chaleur.
Une évidence de plénitude de
leurs ébats tendres, fougueux ou passionnés, ponctués de baisers avides
exacerbant ainsi leurs sensualités.
Mettre un mot sur cette
désirance, sur ce kif. Les propositions ne manquent pas mais aucune ne convient
réellement.
Que ressent-elle ? C’est quoi ce sentiment ? Et lui ? se répète-t-elle
dans sa tête. S’émouvoir au son de sa voix, sentir au fond de soi qu’on le
désire envers et contre tout : des errances, des peurs, des
certitudes, des craintes de perte de liberté aussi.
Elle connaît leurs travers et les
redoute. Elle pense ne pas être à la hauteur des ambitions personnelles de cet
homme qui se tient maintenant devant elle. Pourtant elle minaude, attirant
charmeuse son attention sur ses atouts. Féline, elle se frotte contre
lui. Finalement comme dans un jeu d’échec et mat, elle se laisse pénétrer en
abattant une à une toutes les cartes de sa féminité. Dans un répit, elle tente
juste de ne pas le laisser embarquer son cœur dans cette spirale.
Elle aurait envie de crier
qu’elle l’aime, enfin qu’elle aime son corps, son être, mais elle se retient.
La raison, elle la connaît trop bien …
IL lui répète qu’il ne veut pas
de couple avec elle. Cela veut dire quoi un couple ? elle n’a aucune
vision positive du couple, la naissance d’un enfant de l’amour désiré suivie
d’un divorce long, poignant, épuisant, la dissuade depuis de longues années de
croire à la possibilité, en ce monde, du couple dans sa définition première.
Elle préfère de loin la notion de
l’amour, un sentiment qui se doit d’être noble et qui intègre désir et respect.
Elle sait qu’elle ne peut lui résister mais elle craint aussi qu’une fois de
plus l’histoire se terminera de la même
façon, IL tombera amoureux d’une autre femme, et … IL l'oubliera, pour un temps ou pour toujours.
Elle se sent triste, pourtant elle est heureuse
car IL est là, ses mains caressant son corps, ses seins, s’agrippant à ses
hanches, son va et vient possède le chaloupé de ces péniches qui s’apprêtent à
affronter la colère d’un océan furieux. Elle tente de résister aux vagues de
plaisir qui la submergent mais elle n’y parvient pas. Alors elle se donne à
lui, sans retenue. Et dans ce moment là, elle se fout de souffrir à nouveau, .. de souffrir sans doute un jour prochain.
Commentaires
waouw quel plaisir de lire cette histoire bien construite et envoutante ! Bravo Doris
Merci pour cet agréable moment de lecture... je me retrouve en partie dans tes mots...
Bonnne année 2009 Doris, qu'elle te soit pleine d'amour et d'amitié.
Plein de gros bisous belle de l'est.
La ch'tite du pas de calais.
Belle fête de fin d'année ! Que 2009 t'apporte tout ce que 2008 a négligé ! bizzzzzzzzzzz MLaure
Beaucoup de sincérité et de fines observations (jusqu'à la danse chaloupée des corps, au final)... dans ce très beau "morceau de vie".... l'amour, le besoin d'attachement, de bien doux rêves... mais la toute puissance du désir... Une histoire "banale" et très émouvante, très bien racontée ! Sinon ? Tu ne viens plus nous voir.... Bises !
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