27 décembre 2008
IL
Dessin : Loustal
Elle l’a revu, en cette fin d’après midi, par hasard pense t'elle, mais était-ce vraiment par hasard ?
Une première fois, elle était passée fébrilement devant lui et son amoureuse, sans qu’il ne la vît. Le couple avait posé leurs vélos en cet endroit où régnait une atmosphère chaude, générée par les rayons drus du soleil et un air de salsa endiablée. Elle avait presque frôlé le guidon de sa bicyclette mais IL ne l’aperçut pas. De toute façon, IL n’avait plus le droit de la voir, IL était amoureux d’une blonde, encore une blonde songea t’elle.
En forme ? oui, en formes pensa-t’elle en esquissant un sourire dans sa voix tremblante. Lorsqu’elle raccroche, elle sait que leur contact reprendra, ou plutôt que rien en fait ne s’était jamais vraiment arrêté pour elle ... peut-être pour eux.
Elle aurait envie de crier qu’elle l’aime, enfin qu’elle aime son corps, son être, mais elle se retient. La raison, elle la connaît trop bien …
29 octobre 2008
L'extase
J'étais dans une salle
surchauffée et bondée.
Pourtant,cet environnement
qui souvent me paraît hostile,
ne m'atteignait pas.
Mes yeux se sont fermés et
j'ai immédiatement ressenti
une jubilation immense, extrême.
Ce plaisir,
seuls certains moments de musique
peuvent me le procurer.
Alors, je ne suis plus rien,
mon être n'a plus d'aspect physique,
en tout cas je n'en ai plus aucune conscience,
mon cerveau ne réagit plus
aux sollicitations extérieures.
Je suis submergée par une énorme onde.
Je n'ai aucune conscience de ce qui m'arrive
je sais juste que j'en veux.
Je sors de mon corps,
je ne sais plus qui, où, ce que je suis.
Je change d'état,
la musique entre en moi,
par le bas, par le haut,
par tous les pores de ma peau.
Elle me possède,
en me dépossédant de tout le reste,
je veux et finis par lui appartenir,
je deviens SA chose.
Je suis comme dans un état de transe.
Mon corps tremble, mais
je ne perçois que faiblement son mouvement.
J'ai perdu la possession de ce corps.
Il bouge automatiquement,
mais mes sensations sont ailleurs maintenant.
Je bois, j'avale, je gobe,
les sons, les rythmes, les accords des instruments.
Je me dévoue entièrement à cette onde de plaisir
qui me transperce, et me transcende.
Je rouvre les yeux, furtivement,
je vois les gens autour de moi,
certains ont les yeux fermés,
la tête légèrement inclinée,
le corps en mouvement ou alors tétanisé.
Je referme alors les yeux,
je n'ai pas envie de décrocher,
je veux ressentir cette sensation si particulière,
même si elle me semble si fugace.
J'avoue ici bien humblement que
même l'amant le plus magnifique
n'arrive à me transporter de la sorte.
D'aucuns seront en extase
devant une peinture aux vives couleurs
d'autres devant un paysage
à vous couper le souffle,
moi c'est toujours
lors d'un instant de musique que
la "chose" se produit.
Cette "chose" relève de la magie, de l'absolu.
J'en conclus que la musique
est ma passion, ma drogue,
qu'elle rend ma vie belle
et que sans elle, je mourrais.
La mort, paradoxe,
je la voudrais mienne,
lors de ce moment d'extase
pour ne plus avoir à éprouver
aucune autre émotion.
J'ai juste envie de me vider de tout,
de ne plus jamais être,
pour faire corps pour l'éternité
avec la Musique.
cannelka - concert balkan beat box
30 septembre 2008
Copie du texte
Pour ceux et celles qui n'accèdent ou n'ont pu accéder au lien, copie du texte, l'intro est d'elsa (les perles de mon collier) et la suite de moi.
Le prix d'originalité revient à Cannelka qui nous a fait vibrer avec Brel :
Elle a défait les lanières de ses sandales et remonté son pantalon jusqu'aux genoux. Elle a fermé les yeux pour mieux apprécier le contact du sable sous ses pieds et entre ses orteils. Le soleil est caché par quelques nuages de haute altitude, mais une grande lumière inonde le paysage. Elle a roulé toute la matinée, partie à l'aube après un petit déjeuner frugal, portée par une idée fixe : partir. Elle n'a rien emporté, pas même son téléphone portable.
Il doit maintenant être onze heures et demie et elle est là, les yeux fermés, sur une plage déserte d'Ostende, car c'est ici que le hasard des routes l'a menée. Commençant à attaquer la réserve d'essence, elle a garé sa petite voiture et a décidé de faire une pause.
On lui a dit qu'en Belgique il faisait froid... Aujourd'hui pourtant, l'air est d'une grande douceur. Un vent léger fait danser ses cheveux. Elle pose ses sandales sur le sable et s'avance vers l'eau. Elle n'a pas eu longtemps à marcher, la marée est haute. L'eau est fraîche et vivifiante. Une fois les chevilles immergées, elle effectue un quart de tour et commence à longer la plage.
Elle se demande pourquoi, pourquoi a-t-elle emprunté cette route du Nord ? Elle qui a l’habitude, dès que le moindre souci ne se présente à elle, de filer vers le Sud, comme beaucoup de ses compatriotes d’ailleurs, là où le soleil colmate les blessures, en leur brûlant la peau.
Pourquoi se trouve-t-elle maintenant dans ce pays que beaucoup, certainement des ignares c’est sur, taxent de contrée froide et peu accueillante. Est-ce le succès de ce dernier film, « les Ch’tis » elle se souvient bien du titre, tous les critiques et les animateurs de télé en parlaient, il en avait presque résulté pour elle et par moments une overdose tant on vantait les mérites de ce peuple qui parlait un patois bizarre, avec des manies et des coutumes dignes d’un scénario de mauvaise bd ?
Pourquoi erre t’elle sur cette plage nordique déserte, à la recherche peut être de ce courage et aussi de cette abnégation, présents dans les chansons du Grand Jacques, dont elle connaissait par cœur la moindre parole, les couplets et les refrains ?
Oui c’est bien de cela dont elle a besoin, de faire le vide, d’accepter enfin l’inacceptable, ou peut être de ne pas l’accepter finalement.
L’évidence de l’échec de tous les traitements qu’elle a pu suivre pour enrayer la maladie, sa maladie, des traitements qu’on disait pourtant efficaces pour qui les suivait correctement.
Elle regarde l’océan, il écume de rage, songe t’elle. De rage de subir constamment les roulis, les roulis de la vie. Mais oui, l’océan vit certainement le même calvaire qu’elle. Il aimerait trouver et apprécier le calme, mais l’énergie mouvementée qui est la sienne l’en empêche.
Elle s’était noyée dans des tourbillons, des vagues de fêtes, elle avait goûté des tas de potions et d’écumes différentes. Elle se sentait si ignorante si elle ne démontrait pas constamment qu’elle dirigeait, ou plutôt qu’elle digérait tout.
Elle doit guérir, oui elle va guérir. Ce n’est pas sans raison que sa voiture l’a conduite jusqu’ici. Se débarrasser de la crainte de vivre sa vie. Exit les chimères rencontrées aux quatre coins des rues parisiennes, finis les excès en tous genres qui l’ont menée à cette dépréciation et au dégoût d’elle-même.
Elle lève la tête, son corps est à moitié immergé dans l’eau, elle ne s’était pas rendue compte qu’elle marchait vers l’horizon au bout, tout là bas.
L’océan qui paraissait tantôt si agité, montre maintenant une parfaite limpidité. Elle en ressent immédiatement le calme ; La vérité ou plutôt sa vérité vient en elle. Non, elle ne sera plus malade ; l’angoisse n’aura plus d’emprise sur son être.
Elle pense alors au Belge, elle a toujours eu une tendresse particulière pour cet artiste qui portait le même prénom que son frère adoré, ce frère qui a disparu de sa vie alors qu’elle n’avait que dix ans. Elle pense à la pauvre Fanette, engloutie avec son amour par cette énorme masse d’eau. Et si elle, elle disparaissait aussi; combien de gens la pleureraient …
Prise d’un sursaut de résistance, elle se retourne alors et rassemblant toutes ses forces pour la guider vers la rive, elle songe qu’elle pourrait s’installer ici, dans ce plat pays, pour guérir.
23 septembre 2008
Le prix d'originalité revient à Cannelka qui nous a fait vibrer avec Brel
Orangecannelle m'a attribué le prix d'originalité
dans le cadre du jeu d'écriture lancé sur son blog.
J'en suis émue. Voici le lien
http://orangecannelle.canalblog.com/
12 juillet 2008
Je croyais
Je croyais
qu'il nous suffirait
de parler et de discuter
de quantités de choses
pour nous sentir en osmose
Je croyais
qu'il nous suffirait
de nous plaire et de faire
en sorte de nous défaire
des méandres de nos passés
Je croyais
qu'il nous suffirait
de goûter et de garder
la douceur de nos peaux collées
en nous pour ensemble avancer
Je croyais
qu'il nous suffirait
de croire et de conserver l'espoir
pour un jour ou p't-être un soir
ici ou là bas, nous revoir
Je croyais
qu'il nous suffirait
de décider de nous aimer
tout simplement.
Cannelka - juillet 2008
05 juillet 2008
Je reste seul
Que vais-je dire
Rester ici ou partir
Je reste seul, sans désir
Qui vais-je rencontrer,
Des curieux, des égarées
Je reste seul, désabusé
Que vais-je savourer
Insipide ou épicé
Je reste seul, sans goûter
Que vais-je penser
Au bord de ce canapé
Je reste seul, sans broncher
Où irai-je dormir
Dans ma rêverie
Je reste tapi, sans frémir
Que vais-je vivre
Sous la pluie, en cette nuit
Je reste seul sans amis
Que vais-je faire ?
Demain comme hier
Je reste seul, sans fièvre
cannelka - 07/08
26 mai 2008
Son festival est fini
Dans une ruelle à peine éclairée
Une jeune femme hâte le pas, tiède soir d'été
Quelques badauds, des ivrognes paumés
La croisent, la dévisagent sans la saluer
Autour d'un unique réverbère, des moustiques en transe
S'adonnent de moiteur à une folle farandole
Elle lève la tête, son désarroi paraît immense
Vers une destination floue, désormais elle s'élance
Dans son carcan de paillettes et d'or
Elle rayonne pourtant encore
Tant d'hommes avaient adulé tantôt
Sa beauté, le galbe parfait de son corps
Ses pieds-talons s'enfoncent dans les pavés
Elle hésite un moment, finit par continuer
Sur cette route au bout de sa vie
Dans les premiers bras, perdue elle s'oublie
.....................................
Au petit matin, un clochard retrouvera
Ses lunettes de Strass, sa mini jupe de soie
Plus rien de la belle aux yeux ingénus
Son festival est fini ; la candide a disparu !
Son festival est fini ....
07 mai 2008
Bisou jour
Bisou jour
Dès l’aube du jour
Bisou jour
Tu me salues amour
En ce début de journée
Dans mon bourg isolée
Ta présence attentionnée
Je la lis, je la sais
Bisou jour
Dès l’aube du jour
Bisou jour
Tu m'emplis d’amour
Notre ciel s'est inondé
De chaleur, de clarté
Mon âme hypnose
entraînée vers ton osmose
Bisou jour
Dès l’aube du jour
Bisou jour
Tu me réécris l’Amour
Belle rose
Dans ta bouche j’ose
Devenir Eve qui t’obsède
Tel Adam tu me cèdes
Bijou noir
Mes yeux noyés dans ton regard
Bijou noir
Mon cœur s'émeut de te revoir
Bisou jour, Bonjour !
30 avril 2008
Et si ...
Et si …
La brillance ébène de ton regard
remplaçait le reflet de mon miroir
Et si …
Les contours halés de ton visage
peuplaient les allées de mon village
La couleur ambrée de ta peau
Devenait le pinceau de ce tableau
La chaleur franche de ton sourire
Traçait l’histoire de mon avenir
Ton air coquin et si espiègle
De l’amour était le tendre piège
Alors, alors ..
de tendresse scellera l’ancre de ton port.
21 avril 2008
Anniversaire

Hier ici
ciel gris
midi pluie
jour d'ennui
Aujourd'hui
la nuit finie
ce matin tôt
petit texto
Aujourd'hui
jour gai
"Aimée"
est enchantée
Aujourd'hui
un an de plus
anniversaire
dans le fond d'un verre ...
Merci à toi,
tu as été le premier,
à me présenter,
tes voeux de joie.
Pour te remercier
ces vers de Salomé :
Avec le corps en désirance
j'ai traversé toutes mes vies
pour atteindre de toi
à jamais,
la seule aimance.














